L’emprise et le besoin d’être aimé

L’emprise et le besoin d’être aimé

Dans certaines relations, amoureuses, amicales, familiales, il existe un processus qui se nomme l’emprise et dont je vais vous parler aujourd’hui. Je ne vais pas vous parler du processus dans son ensemble, mais je choisis ici de mettre le focus sur un point particulier : le lien qui existe entre le processus de l’emprise et le besoin d’aimer et d’être aimé de la victime.   

Ce processus s’appuit avant tout sur le besoin d’amour et de reconnaissance qui existe en chacun de nous.

Dans ce cas, la manipulation, au sein de la relation, va être de renvoyer à l’autre l’image de l’amour idéal, c’est la phase de séduction.
Si vous n’avez pas rêvé de l’amour idéal, moi j’ai révé…d’un amour où je serais parfaitement celle qui correspondrait à ce que recherche l’autre, et où dans ce même temps, l’autre m’apparaitrait comme correspondant là encore totalement à l’image de l’amour idéal.

La relation débute comme un rêve qui prend forme, celui de l’adéquation parfaite ! Ainsi, c’est comme si le rêve, l’idéal, devenait réalité. Ce qui prend réellement forme n’est en fait que leurre et illusion et le rêve devient cauchemar.

Une autre particularité est aussi la très grande capacité d’amour de la victime, car un manipulateur (conscient ou non) ne va pas jeter son dévolu au hasard, mais choisir sa victime…il la choisira, très souvent, humaniste, aimante, empathique !

Voilà deux ingrédients qui vont faire le nid de l’emprise : chez la victime, le besoin d’amour associé à une capacité d’amour hors norme…
 

A partir de là, l’imposteur vient coloniser « cette zone d’amour » de la victime. La victime se trouve alors déposséder de sa perception, de son libre arbitre…elle est comme possédée, mais dans cet endroit particulier en elle.

Comment en sortir ?

La première étape est la prise de conscience de l’existence de l’emprise. La sortie de l’emprise ne peut se faire qu’au travers du retour d’une certaine lucidité, porter un regard sur le processus à l’œuvre, repérer cette perte de soi, le regard déformé qu’a entrainé cette emprise, cette colonisation de notre part aimante…
Il faut alors exercer ce regard observateur, comme si l’individu s’observer de l’extérieur, et repérer tous les processus à l’œuvre.
Sentir comment notre propre capacité d’aimer, notre besoin naturel d’être aimé n’appartient plus à soi-même mais a été kidnappé, rapté par l’imposteur…Faire naître, grandir, cette part lucide, qui permet à nouveau de s’habiter, d’être relier à soi.

Mais au-delà de la conscience, de la clairvoyance retrouvées, il y’a aussi un terrible prix à payer, celui de renoncer à cet amour-illusion, de renoncer à l’espoir, au rêve. La sortie de l’emprise, c’est accepter de passer de la relation idéalisée au leurre.

C’est accepter de voir l’imposture là où on ne voyait que le miracle de l’amour. C’est accepter de passer de la perte de cet amour-illusion au gain de soi. Perdre l’autre, traverser le vide pour pouvoir refaire le chemin vers soi.

Il va donc s’agir d’un travail de deuil à l’issu duquel le sujet pourra se reconstruire, retrouver son estime de soi, son énergie vitale et enfin sa capacité d’amour, de soi et de l’autre.   

Leave a Comment